PETITE HISTOIRE

Transition vers un Paris moderne
L’âge d’or des passages couverts parisiens se situe de la fin du XVIIIe siècle à la transformation radicale de Paris au milieu du XIXe siècle.
Leur conception s’inspire des marchés couverts et peut-être des souks arabes. On  y retrouve cette idée très orientale d’accumulation de marchandises dans un espace réduit inondé de la lumière filtrée par les verrières.
Sous la Restauration, la capitale n’est faite que de rues étroites et mal pavées, sans trottoirs ni égouts, où coulent les jours de pluie des torrents de boue : s’y promener n’a rien d’agréable.
Les passages vont permettre à la bonne société de flâner tranquillement, de faire halte dans un café, à l’abri des bousculades et accidents.

Nouveaux temples pour le commerce
Après les guerres napoléoniennes, les passages couverts parisiens apparaissent dans un contexte de paix retrouvée. La prospérité économique transforme la physionomie architecturale et sociale de la capitale.
Les magasins vont se nicher dans les passages, qui leur offrent un cadre protégé, éclairé, chauffé…
Alors que l’éclairage public faisait défaut,  les passages étaient les seuls lieux éclairés le soir, et leurs lampes à gaz se reflétaient à l’infini dans les miroirs des magasins : ces galeries offraient le spectacle d’une féerie perpétuelle !
L’ornementation des boutiques est une grande première, miroirs, boiseries, lambris transforment l’espace marchand. La décoration attire le client. De plus, la porte qu’il doit pousser crée une distance entre vendeur et acheteur. Autre innovation, le prix fixe remplace le marchandage.
Dans ces passages, les boutiques gourmandes figurent en bonne place : ce sont des confiseries ou des salons de thé, des cafés où l’on se presse à la sortie des théâtres. Quant aux magasins dits « de nouveauté », ils préfigurent les Grands Magasins.
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Des miroirs mondains
On s’y presse à la sortie des représentations théâtrales.
La tradition littéraire des passages s’est aussi affirmée par l’implantation de maisons d’édition prestigieuses assorties du voisinage de libraires, graveurs et lithographes : Poulet-Malassis, éditeur de Baudelaire et Lautréamont, s’était installé passage des Princes et le passage des Panoramas abritait l’échoppe de Stern,  l’un des plus illustres graveurs de Paris.
Les passages, premiers bénéficiaires de l’éclairage au gaz, amélioraient les commodités de la vie urbaine en intégrant deux éléments du confort de la vie quotidienne : les bains publics et les cabinets d’aisance (les toilettes).


Extraits de Passages couverts parisiens, de Jean-Claude Delorme et Anne-Marie Dubois, Parigramme