Le passage des Panoramas

Sortant du passage Jouffroy, on traverse le boulevard Montmartre et on fait face au passage des Panoramas. C’est l’un des premiers passages couverts parisiens (ouvert en 1800, on y projetait alors des panoramas, ancêtres des diapositives, spectacle très en vogue à l’époque).

Ce passage se situe entre les stations de métro Bonne Nouvelle et Grands Boulevards, ces mêmes grands boulevards que chantait Yves Montant (voir vidéo).
Je passe devant un café, une crêperie, un wagon-restaurant à l’enseigne de Victoria Station, la restauration semble occuper le terrain…
Heureusement, il y a encore, pour les collectionneurs, pas mal de petits magasins de timbres anciens, de capsules de bouteilles, de monnaies anciennes…
Bijoux chez Messmer, jouxtant une échoppe de cartes postales anciennes, achat, vente, estimation gratuite chez Maréchal.
On retourne à la gastronomie, avec un italien, qui accroche des jambons et de l’ail en grappes à sa vitrine, et Les Grands d’Espagne qui propose charcuteries, fromages et tourons.
Ici on arrive à une allée transversale, la galerie des Variétés qui mène sur la gauche à l’entrée des artistes du théâtre des Variétés (l’entrée du public est boulevard Montmartre).
Au n° 47, le graveur Stern (qui gravait les menus de l’Elysée au début du XIXe siècle) a été remplacé par un café chic. Devant sa devanture, est reproduit sur une plaque de métal doré, un extrait de Nana, un livre d’Emile Zola qui traite de la prostitution. Le personnage central, la fameuse Nana, fréquente le passage et l’un de ses nombreux riches amants l’y attend le soir : « Trois mois plus tard, un soir de décembre, le comte Muffat se promenait dans le passage des Panoramas. La soirée était très douce, une averse venait d’emplir le passage d’un flot de monde. Il y avait là une cohue, un défilé pénible et lent, resserré entre les boutiques. C’était, sous les vitres blanchies de reflets, un violent éclairage, une coulée de clartés, des globes blancs, des lanternes rouges, des transparents bleus, des rampes de gaz, des montres et des éventails géants en traits de flamme, brûlant en l’air ; et le bariolage des étalages, l’or des bijoutiers, les cristaux des confiseurs, les soies claires des modistes, flambaient, derrière la pureté des glaces, dans le coup de lumière crue des réflecteurs ; tandis que, parmi la débandade peinturlurée des enseignes, un énorme gant de pourpre, au loin, semblait une main saignante, coupée et attachée par une manchette jaune. »
Au n°57, Canard et champagne a pris la place (après bien d’autres) du chocolatier Marquis. De l’époque ancienne, subsiste un plafond à caissons, les boiseries décoratives et d’élégants miroirs.

Mon petit choix de boutiques : cartes postales anciennes Maréchal, Les Grands d’Espagne, Café Stern, Canard et champagne.